30 novembre 2005

Maroc- France : Pour un partenariat durable

Chaque implantation d'une entreprise française au Maroc est "un gage de confiance dans le Royaume, ses institutions, la solidité de sa démocratie et dans le rôle essentiel que joue S.M. le Roi Mohammed VI dans cet équilibre politique", a affirmé Renaud Dutreil, ministre français des PME, du Commerce, de l'Artisanat et des Professions libérales.
Ces implantations constituent également "un signe de confiance dans le talent des Marocains à embrasser toutes les possibilités que réserve aujourd'hui une économie ouverte", a souligné M. Dutreil qui s'exprimait, lundi à Paris, lors du forum "Maroc Pluriel" initié par le Conseil national des Marocains de France (CNMF) sous le thème "Pour un partenariat économique et un développement durable". Les relations franco-marocaines "sont tellement fortes qu'elles doivent servir d'exemples", a-t-il dit, notant que l'amitié séculaire entre les deux pays a été "ravivée" récemment par le Premier ministre, Dominique de Villepin, à l'occasion du 50e anniversaire de l'Indépendance du Royaume.
La France est unie au Maroc par des "liens économiques très puissants" et un partenariat "exemplaire et stratégique", a ajouté M. Dutreil, faisant observer que son pays est le premier partenaire commercial du Royaume, son premier créancier public, son premier importateur, exportateur et client ainsi que son principal émetteur de touristes.
Après avoir souligné que le Maroc compte près d'un millier d'entreprises françaises, dont 500 filiales employant quelque 65.000 personnes, il a signalé que tous les grands Groupes français sont implantés dans le Royaume et que la présence française est évidente dans les secteurs traditionnels mais également dans d'autres secteurs nouveaux tels les franchises et les biens manufacturés.
Il a rappelé que les deux pays avaient signé, le 19 mars dernier, un accord de coopération "assez inédit" dans le domaine des Petites et moyennes entreprises, étant entendu qu'elles sont "plus humaines" et constituent "le continent nouveau de l'économie".
"A chaque fois que je rencontre des chefs d'entreprises marocains ou originaires du Maroc, je me rends compte à quel point il y a un très bon mariage de valeurs et de cultures" entre Rabat et Paris, a indiqué le ministre français, estimant que les deux pays pourront, grâce à ces entrepreneurs, qui ont une double culture, bâtir des projets mixtes à même de "féconder une économie bilatérale déjà très importante".
Evoquant la coopération euro-méditerranéenne, M. Dutreil a souligné la nécessité pour l'Europe de réfléchir à "un partenariat très fort" avec les pays de la rive Sud de la Méditerranée, qualifiant d'"inquiétant" le fait que l'Europe se tourne vers le Nord et l'Est et que son centre de gravité quitte la rive Sud. La France est "consciente que c'est au Sud de la Méditerranée que se joue une grande partie de son avenir", a-t-il précisé. "La Méditerranée est un anneau et est le berceau de toutes les civilisations qui se sont ensuite diffusées dans le monde et également de toutes les fois qui se sont propagées dans l'humanité.
Cet anneau, nous avons parfois le sentiment qu'il a été brisé. Les Français et les Marocains ont une mission qui est celle de recoller les deux morceaux de cet anneau de la Méditerranée, parce que nous savons que l'avenir de l'Europe, de l'Afrique et du Grand bassin méditerranéen passe par des relations très fortes entre deux pays qui ont toujours été associés dans les mêmes valeurs et qui ont toujours fait passer ce qu'ils avaient en commun avant ce qu'ils avaient de différent", a-t-il conclu.
De son côté, l'ambassadeur du Maroc à Paris, Fathallah Sijilmassi, a fait part de la détermination du Royaume à renforcer davantage l'Etat de droit et à accélérer le processus de modernisation et de développement de ses institutions et des pratiques démocratiques, ainsi que le processus de libéralisation de son économie.
Il a, d'autre part, passé en revue les grands chantiers initiés par le Maroc dans les différents domaines d'activité et auxquels sont consacrés quelque 14 milliards d'euros, dont le Plan Azur, le port Tanger-Med, la rocade méditerranéenne et la généralisation de l'électrification rurale et de l'alimentation en eau potable.
Se félicitant des excellentes relations de coopération entre les deux pays, le diplomate marocain a indiqué que la France arrive en tête des pays investisseurs dans le Royaume entre 1998-2003 avec près de 41%, loin devant l'Espagne (22%) et les Etats-Unis avec 5% seulement.