30 novembre 2005

feen magazine

Finie l’époque où les chefs signaient les mêmes assiettes-institutions jusqu’à la retraite. Exception faite des fameux Msemens du Café de France, des tagines du Toubkal (sur la Place Jemmaa El Fna) et des savoureux assortiments de viandes de Bejgueni (Guéliz). Le turn-over atteint des sommets en matière de gastronomie à Marrakech. Témoin : le rythme rock’n roll des changements de cartes et des relookings des lieux. Après la chute de la cuisine bourgeoise et les inconséquences de la nouvelle cuisine, l’ennui de la diététique, l’honneur est à la fusion-food, au Bô-Zin par exemple ou au Kosy-Bar où les sushis sont remarquables. Littéralement cuisine fusion. Un retour en force du produit Slow food en Italie, Shunju au Japon, bistronimie de rigueur à Marrakech.Le Vaudeville et ses desserts goûteux , Le Chat Qui Rit et sa célèbre Salade du Tribunal, Le Loloquoi avec ses tartares… Ils tablent tous sur des cartes résolument brasserie parisienne. Les tendances se suivent et ne se ressemblent pas, relayées par les magazines dont l’explosion enfonce le clou du « manger beau-et-branché ». Difficile de faire son choix. Soyons simples.Ambiance breakfast royal à L’ Amanjena autour de la piscine dans une retraite élégante et raffinée (compter 120 dhs/pers.), et si on ne vient pas y trouver de l’ambiance à proprement parler on peut se détendre avant d’attaquer la journée. Le rendez-vous de 10H30 se fera de préférence au Bar de La Mamounia ou plus roots au Café Zohair rue de la Liberté dans un Guéliz qui s’éveille. Med Hajlani y trouve parfois son inspiration dans la finalisation de son projet éclectique et résolument avant-gardiste : le Ziwana, un restaurant d’artistes grandiose au coeur de la Médina non loin de Bab Ksour. Je pars déjeuner avec Med aux Jardins de Bagatelle. On croise volontiers Axel Le Mée (un des 5 plus grands voyants français) qui ne manque jamais d’étonner l’assistance par ses « visions » parfois audacieuses… Rabié quant à lui, sous la houlette de Charles-Pierre Porquet termine sa formation au Café de La Poste qui ouvrira courant décembre. Le temps de repartir prendre son café à la boutique de La Table du Marché. La chanteuse marocaine Naziha m’intrigue sur la réminiscence d’un nouveau genre musical : le Maqam*. Tout est dit. Naziha se produit le 18 novembre à l’Institut du Monde Arabe de Paris avant de rentrer à Marrakech. Un moment fort. Béatrice termine quant à elle son bastringue : le 212 Marrakech, espace dédié à une ligne réalisée par de jeunes orphelines et filles-mères avec des matériaux de haute couture. Invitation prise pour souper à l’Italien de la Mamounia. Plus tard. Le temps de filer au Spa du Es Saadi se faire masser (400 dhs l’heure). Je ressors assommé et béat. Il fait bon vivre à Marrakech. La journée se termine par un dernier rendez-vous au Lounge avec des promoteurs forts prometteurs ! Le soleil se couche déjà. La nuit s’annonce chargée. Finale en beauté…. Embarras du choix : mon choix se porte finalement sur le Narwama aux pieds la de Koutoubia. L’actrice Zoé Félix m’accompagne et se rend à l’évidence : Le tagine d’agneau aux poires caramélisées est incroyable. J’opte pour une carte thaïlandaise quasi-parfaite… Grand Maître ce Ali !!. A suivre... STÉPHANE GHIDALIA*Le maqam (mot apparu au XIIIe siècle) signifie «endroit, rang, position», et désigne un ensemble de modes musicaux arabe, perse et turc, sacrés ou profanes, nés entre l’Atlantique africain et les confins de la Chine, l’islam historique.